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ELLI par YVES ADRIEN

à l' occasion de la sortie del' album For You à l automne 2006, Yves Adrien racontait Elli...

( en français ) clic ici

 

BIOGRAPHY (suivi d' un "historique" en français)

Elli Medeiros was born in Montevideo, Uruguay ...

( by O. Peters at IMDb .. in english ) clic here

 

historique

À l occasion de la sortie de l’album (le 18 septembre 2006) je fais beaucoup d' interviews ... clic ici

 

 

 

 

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ELLI par YVES ADRIEN

à l' occasion de la sortie del' album For You à l automne 2006, Yves Adrien racontait Elli...

 


Heureuse époque que celle où l'on se rendait en Mercedes fantôme au mariage du chat
Bouton, animal de compagnie des Stinky Toys, le groupe le plus dissipé de Paris.
L'année était 1977.
Dans le pandémonium punk de cet été-là, les Toys, racés putois, constituaient une
anomalie : des manières de Mods français à fleur de lys, combo anglophobe renvoyant à Albion
ses crachats, et cela après avoir décroché un an auparavant, via un set expéditif au 100 Club, la
"une" du Melody Maker : les rédacteurs du vénérable weekly avaient semble-t-il été impressionnés
par Elli Medeiros, jolie Uruguayenne fardée, chanteuse des Irrévérencieux précités.
D'aucuns, déjà, avaient distingué la Belle.
L'année était 1973.
Arborant ses 17 ans en rupture de dictature, une Lolita d'apparat, fraîchement exilée,
foulait le pavé des Halles s'effondrant par pans entiers : regard lourd sous feutre d'ombres, c'était
un genre de Lauren Bacall adolescente et dévoyée, de Jeanne Moreau concupiscente cherchant
l'aggravation avec les garçons.
Ou, en rewind de nos souvenirs :
« Lycéenne en cernes, elle venait dans les murs roses de l'Open Market goûter Electric
Prunes et Raw Power : le corps le plus chaud de l'ère pré-punk. »
(Ce serait une bonne école que le garage précaire de la rue des Lombards ; s'agrégea là
une scène d'adolescents défiants et désoeuvrés, noyau dur, avant Londres ou le CBGB's, de la
première scène punk parisienne : s'y remarquait, unique en ses airs d'ange musicien à la Melozzo
da Forli, un jeune fanatique des Who, Denis, qui aurait nom demain Jacno et formerait les Stinky
Toys.)
Ce fut 1977 donc, et les Toys, grands pilleurs de réfrigérateurs, fréquentèrent les
meilleures parties : leur fan absolu était un licencié ès destructions, l'honorable Alain Pacadis, qui
inonderait Paris de chroniques aussi partiales qu'élogieuses, secret de son art.
En vain.
Après deux albums -l'un prématuré, l'autre prometteur-, les Toys, lassés, se séparèrent :
le futur, on aurait tôt fait de le vérifier, s'écrivait désormais Elli et Jacno.
*
* *
L'année était 1980.
Et Jacno d'emblée réussissait son coup : sang bleu-mocassins blancs, il était n°1 avec
Rectangle, menuet électronique tombé de son premier essai, un maxi Dorian où se goûtait encore
la jolie complainte d'Elli, Anne Cherchait L'Amour ; dans l'élan, le couple prodige, revampant le
Lonely Lovers de ses débuts, en fit pour Lio Amoureux Solitaires, que l'Europe achèterait à 6
millions d'exemplaires ; puis, scellant la trilogie imparable, ce fut le premier hit d'Elli et Jacno,
Main Dans La Main : raillés quelques saisons plus tôt, les Adolescents ardents, devenus braqueurs
d'ondes, mettaient en coupe réglée le Top 50.
On les vit donc au Midem et ailleurs en Bonnie and Clyde désinvoltes, en Enfants
Terribles aux goûts égyptiens, en Gainbourg-Birkin de l'électro-pop adoubés par Jean-Charles de
Castelbajac les interviewant pour Le Palace Magazine ; Jacno régnait, trouvant cependant le
temps de produire le duo culte Mathématiques Modernes, et de porter sur les fonts baptismaux de
la Pop hexagonale ce jeune Rennais qui ne décevrait pas : Étienne Daho ; Elli, elle, était
criminellement jolie, perfectionnant l'art de danser en mini prince-de-Galles à l'heure où les
jouvenceaux, le mercredi après-midi, communiaient aux mystères acidulés de Platine 45 : émois,
émois, émois.
Elli et Jacno : ces deux-là, évoluant dans un sillage argenté, brillèrent quelques saisons ou
années ; puis, en Amoureux solitaires, se séparèrent : leur chant du cygne serait la musique des
Nuits de la pleine lune, très moderne et rohmérien film d'Éric Rohmer.
L'Uruguayenne ne resterait pas longtemps seule.
*
* *
L'année était 1986.
Et quelques dizaines de milliers de lycéens hostiles à un ministre dont l'Histoire n'a pas
retenu le nom défilaient sur le premier hit d'Elli Medeiros, Toi Mon Toit ; la voie était tracée, qui
serait celle d'une Pop ludique, chamarrée et sensuelle : on le vérifia l'année suivante avec ce pur
joyau et second succès, A Bailar Calypso, éblouissement plus que bienvenu en ces saisons de sida
et de cérémonies mortuaires à répétition.
Promise aux feux des plateaux TV, l'ex-punkette prit donc le chemin de Champs-Élysées,
où Michel Drucker eut le redoutable privilège de succéder à Alain Pacadis ; en cette période faste,
elle connut encore la consécration du proverbial concert de velours rouge à l'Olympia, et sortit
son premier album, où se pouvait goûter la grâce atlante d'un déjeuner de soleil avec Antinéa,
déesse tenant le sort du monde scellé en les spires de son nombril d'or.
Elli n'en demeurait pas moins Elli, assemblant amoureusement sa constellation d'enfants
aux noms charmants.
C'est à mi-chemin de ce louable projet, de retour d'une tournée au Japon, vers la fin des
années 80, qu'elle décida de prendre du recul.
Et des cours de comédie avec Andréas Voutsinas, transfuge de l'Actor's Studio,
compagnon de route de Lee Strasberg.
Elle qui avait débuté du temps des Toys dans les courts-métrages d'Olivier Assayas, et
traversé sereinement L'Enfant secret de Philippe Garrel, serait donc, dans les années 90, actrice,
réussissant le grand écart entre pellicules d'auteur et blockbusters de boulevard : une filmographie
contrastée menant en 2001 au Lulu de Jean-Henri Roger, où elle incarnait -histoire vraie- un
transsexuel de légende tenant un bar aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
Ainsi légitimé, le XXIème siècle pouvait commencer.
*
* *
L'année est 2006.
Et le nom d'Elli Medeiros, soudainement, se conjugue au présent.
Au printemps, un single stoogien, Soulève-Moi : du pur Motor City haut cru 69, mais
enlevé par une fille, et en français, frisson nouveau au pays des ciels pommelés et du petit vin
blanc.
Avec, acérées, des paroles comme l'Uruguayenne toujours sut en ciseler :
« Tes larmes et ta sueur / Sont l'encens et le miel
Crache-moi dessus mon coeur / Et je monterai au ciel. »
Cela, posé sur du métal ondoyant et menaçant, façon Ron Asheton téléporté dans les
décombres soniques de la Vème République : Ségolène Royal devrait se méfier d'Elli Medeiros.
À l'automne, l'album : remuant et aimanté, atlante et alien. En un mot : étoilé.
Chez V2, sis en cette rue Bouchardon où résidait il y a un quart de siècle le chat Bouton,
secret architecte du futur de ses maîtres : la boucle serait-elle bouclée ?
Icône en sa blondeur, Marilyn Monroe fait savoir un soir qu'elle goûte fort la reprise de
My Heart Belongs To Daddy exécutée par Elli et son fidèle Daho -la première encouragea la
vocation naissante du second-, classique qu'elle-même interprétait dans le Let's Make Love de
George Cukor, devenu ici Le Milliardaire : l'Uruguayenne n'a, semble-t-il, désormais plus de
soucis à se faire.
Ce sera là le provisoire épilogue de la bio que nous demanda un printemps Elli Medeiros,
amie, et que nous lui remîmes à l'été, façon billet doux, agrémentée de ces deux seuls mots : "For
You".
Y.A.

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BIOGRAPHY (suivi d' un "historique" en français)

Elli Medeiros was born in Montevideo, Uruguay. Her mother, Mirtha Medeiros, decided to become an actress after Elli was born, & when she was admitted into Uruguay's Escuela National, had to take her along, so Elli attended drama school & classes by spanish teacher Pepe Struch before kindergarden. Mirtha graduated and quickly became a very busy actress and Elli was regularly hired each time a child was needed in a play or a TV show. Her first part, at age 4, was Madame Butterfly's son, in the production of Puccini's opera at the Montevideo Opera. This was Orson Welles' first role, at the same age! Elli's father, José Luis Medeiros, vanished from her life when she was five.
Elli attended the Uruguayan American School, and when her mother remarried & they moved to Buenos Aires, Argentina, she attended the Instituto Bayard, a British school .
When she was fourteen, her mother & step father moved to Paris, and she had to learn french in a couple of months so she could attend high school. She tried several schools, including an art schoot, l'Ecole des Arts Appliquées, but dropped out before getting a "baccalauréat" to start her first band, the Stinky Toys, the first french punk band, playing several London punk Festivals along with the Clash & the Sex Pistols. Elli appeared on the cover of Melody Maker & that convinced the until then extremely reluctant french record companies, to sign them a deal. After two albums, the Stinky Toys split and Elli and Stinky Toy Jacno then released several albums as the techno pop duo Elli & Jacno. Their last was Les Nuits de la Pleine Lune, score to Eric Rohmer 's movie.
Elli then went solo, her music becoming more personal, more latin and had several hits in France, including Toi Mon Toit and A bailar Calypso, mega hits of 1986 and 1987, now standards. After a break, Elli decided to go back to acting & school, & worked with Andreas Voutsinas, who was Lee Strasberg's assistant for twenty years and created the Paris "Actor's Studio", le Théatre des Cinquante. She also took classes with Madeleine Barchevska and Bob Mc Andrew.

After working with some of the most interesting french directors ( like Tonie Marshall or Olivier Assayas) , as well as very promising newcomers ( Marion Laine, Brigitte Coscas, Christophe Rodriguez...) Elli is now working on a new album to be released in 2006

by O. Peters at IMDb

toi mon toit - rerelease of the original bombom album - elli's compilation toi mon toit, etc - other compilations - listen to samples on amazon.fr

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historique

À l occasion de la sortie de l’album (le 18 septembre 2006) je fais beaucoup d' interviews, et comme des questions reviennent souvent sur les débuts, les différents moments, je me suis dit que ce ne serait pas mal d’essayer de faire un petit historique plus ou moins exhaustif. Je vais le démarrer aujourd'hui, et j’y ajouterai peu à peu…

 

Je suis arrivée en France à quatorze ans, j étais bilingue espagnol - anglais, mais je ne parlais pas un mot de français. J’ai dû apprendre très vite, pour reprendre les cours et m’intégrer, mais ça a finalement été assez long avant que je ne m’approprie vraiment la langue. C’est pour ça que, quand j’ai commencé à écrire, puis à chanter, mes textes étaient principalement en anglais, et aussi en espagnol. Les Stinky Toys étaient mes amis les plus proches, c’était pour moi la formule idéale, le groupe, le collectif. C’était le début de ma vraie vie, et les personnes avec qui j’ai partagé ça restent des personnes à part dans mon cœur, quels qu’aient été les événements par la suite. C' étaient des personnalités fortes, ce qui explique aussi la force que nous avions, malgré tous nos manques. Mais ce qui avait fait notre force, a provoqué la séparation. J’ai eu longtemps l’impression de faire tampon entre tous ces tiraillements, comme si j’étais la seule à vraiment vouloir que le groupe existe et continue, les autres voulaient tous faire d’autres choses, pour des raisons différentes, ils étaient à l’étroit. Le jour où j’ai arrêté de faire tampon, ça s’est arrêté. Comme pour les histoires de couple, ce n’est pas forcément celui qui dit « il vaut mieux que ça s arrête » qui a le plus envie d’arrêter. Là, c’était carrément le contraire. Les autres semblaient presque soulagés, sur le coup, de partir faire leur vie. Peut-être Bruno aurait été content de continuer, je ne sais pas, … Moi ça m’a brisé le cœur, c’était le pire chagrin d’amour, parce que je n’ai même pas compris tout de suite à quel point ça m’affectait, à quel point j’avais vraiment perdu quelque chose qui était idéal pour moi, qui me correspondait. Même si j’avais encore tellement à apprendre, j’avais découvert la musique, en tant que créateur. J’avais toujours plus ou moins écrit, même si j’avais surtout dessiné auparavant… mais avec les Toys je n étais plus spectateur, auditeur, mais acteur. Les autres membres du groupe démarraient tous plus ou moins, et avaient chacun leur façon d aborder leur instrument. Sur les riffs de guitare de Jacno souvent, mais parfois des autres, je trouvais des mélodies, et dans ces mélodies, j'entendais des mots, qui s’organisaient en phrases et ensemble on structurait les morceaux. Ça se faisait naturellement, spontanément… Et ce n’est que des années après, quand j’ai rejoué ces mêmes morceaux avec d’autres musiciens, qu on m’a fait remarquer la complexité, voir la sophistication de beaucoup de compos...

à suivre

 

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